La Grande tortue

Grande tortue sur feuille de laurier sauce.

Aux fleurs du jardin, la Grande tortue préfère les écoulements de sève des arbres. Et les bains de soleil !

Envergure maxi : 66 mm. Visible de février à novembre. À proprement parler, la Grande tortue ne butine pas. Du moins pas les fleurs. C’est pourquoi on la rencontre souvent sur les troncs à la recherche d’écoulements de sève.

Pluies incessantes, tempêtes, ciel gris, brouillard…  Un automne à ne pas mettre un papillon dehors ! Mais les après-midi sont encore si doux. Alors, à la moindre percée du soleil, la Grande tortue (Nymphalis polychloros) recharge ses batteries sur un lit de feuilles mortes, un tronc de peuplier ou le laurier sauce de la haie. 

Ce voilier de taille moyenne (66 mm d’envergure) présente une éclatante robe rousse tachée de noir et de jaune pâle. Il se distingue en outre par des bordures extérieures festonnées de lunules bleues surlignées de brun sombre. Un bleu ordinairement vif, plus ou moins estompé en cette saison.

L’heure viendra bientôt de rechercher un abri sûr pour les temps mauvais. Voilà en effet un des rares papillons à traverser les quatre saisons en une seule génération. Ce sont ainsi les adultes qui hivernent pour émerger en février-mars et passer le relais à une nouvelle génération au printemps.

Il n’est alors pas rare de voir la Grande tortue sur le mirabellier en fleurs. Bien qu’elle trouve généralement son ordinaire dans les suintements printaniers des jeunes bourgeons et, en toutes saisons, dans les écoulements de sève des écorces blessées.

Grande tortue sur feuille morte.

La Grande tortue apprécie les milieux arborés. Les marais boisés de la Sèvre niortaise lui conviennent parfaitement.

La Grande tortue.

Ailes repliées, la Grande tortue disparaît au regard des prédateurs. Avec des revers bruns, simplement animés de larges bandes grisâtres, l’ensemble est au diapason de la terre et des feuilles mortes alentour. Un mimétisme parfait.

Bain de soleil au bord d’une haie.

Avril. Il va être temps de passer le relais ! Cet individu termine son cycle les ailes déchiquetées. L’attaque d’un prédateur sans doute.

Début mars. À défaut d’écoulement de sève en fin d’hiver, l’abondance de nectar dans les haies puis sur les fruitiers du jardin !

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Grande tortue, avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza

 

La Piéride du chou

Le plus grand des papillons blancs du jardin. La Piéride du chou est de bonne compagnie. Ses chenilles un peu moins !

Envergure maxi : 65 mm. Visible de mars à novembre.

Curieusement, la Piéride du chou (Pieris brassicae) n’avait pas encore trouvé place dans cette chronique et sa galerie d’une cinquantaine de papillons ! C’est pourtant, et de très loin, l’espèce la plus nombreuse au jardin. Du début du printemps jusqu’au bout de l’automne. Parfois même au delà.

De belle envergure, elle se distingue d’abord par une large marque noire, en forme de faucille, à la pointe des antérieures. Quel que soit le sexe.

Une histoire de points

La femelle est facilement repérable à sa ponctuation – deux points et une petite virgule noires – en face dorsale des antérieures. Le mâle en est dépourvu. Mais l’un et l’autre présentent deux points noirs au revers bordé de jaune des antérieures, et, en face dorsale, un « demi-point » noir en bordure avant des postérieures. Vous avez suivi ?

Omniprésente ou presque, elle est de bonne compagnie. Pour autant, elle ne se laisse pas approcher facilement. Même lorsqu’elle butine. Encore moins dans ses patrouilles au potager. Difficile dès lors de voir la femelle pondre. C’est toujours au revers d’une feuille de choux. Des petites plaques d’oeufs jaunes qu’il est aisé de collecter pour éviter l’invasion des chenilles. Une minutieuse inspection hebdomadaire suffit généralement. Mais gare au relâchement dans la vigilance !

Des yeux verdâtres et des antennes pointées de blancs : les deux sexes présentent un revers jaune pâle légèrement poudré de noir aux postérieures. Blanches, les antérieures  sont rehaussées de deux points noirs (un seul visible ici) et d’un apex jaune pâle.

Accouplement en opposition sur une feuille de Rose trémière.

Jaune vif, les petites « plaques » d’œufs ont au moins le mérite d’être aisément repérables au revers des feuilles de chou.

La Piéride du chou passe l’hiver à l’état de chrysalide. Il n’est cependant pas rare de voir encore les chenilles à l’oeuvre aux alentours de Noël !

En savoir plus  :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Piéride du chou avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza 

 

Papillons d’octobre

Dans sa lumineuse livrée estivale, Robert-le-Diable s’apprête à hiverner sous le couvert d’une haie ou d’une litière de feuilles mortes. Il en sortira dès les premiers beaux jours de février-mars.

Quelques papillons d’octobre trouveront refuge sur place. Certains s’apprêtent à migrer. La plupart ne survivront pas aux premières gelées.

S’il ne migre pas vers le Sud en automne, le Vulcain trouve un refuge sur place pour passer l’hiver. Parmi les premiers papillons à émerger au printemps, il donne naissance à une nouvelle génération qui prend le relais en avril-mai.

Les automnes passent et ne se ressemblent pas forcément ! Il y a un an, les pluies d’octobre étaient les très bienvenues, après des semaines de sécheresse et de canicule. Tout l’inverse cette année où on se prend à rêver d’un été indien. On se console en pensant aux nappes phréatiques enfin pleines mais le potager engorgé n’est pas à la fête. Les papillons d’octobre non plus.

Lierre, asters, sauges, cosmos, zinnias, dahlias, helianthus… Les fleurs du jardin font pourtant ce qu’elles peuvent. Du moins quand le soleil parvient à percer. Sans que le coeur y soit vraiment. Voilà donc venu le temps de migrer vers le sud pour la Belle-Dame et l’Azuré porte-queue notamment. Le temps de rechercher un refuge d’hivernage pour le Vulcain, le Paon du jour, le Citron et Robert-le-diable. 

Pour la plupart des autres papillons encore en piste, les premiers froids seront fatals. Heureusement, piérides, soucis, cuivrés, azurés, hespéries, mégères, tircis et bien d’autres ont déjà passé le relais. Ce sont leurs chenilles ou chrysalides qui passeront l’hiver.

Quelques papillons d’octobre

Le Vulcain ur une feuille de noisetier.

Et feuilles mortes pour le Tircis !

La génération estivale du Paon-du-jour trouvera bientôt un refuge pour passer l’hiver. 

La Belle-dame  bientôt sur le départ de sa grande migration.

Robert-le-diable et son énigmatique C blanc au revers roussâtre des ailes postérieures.

Quand il ne migre pas vers le sud, le Souci est visite au jardin jusqu’en automne.

Le Citron joue à cache-cache en attendant de se calfeutrer.

L’Azuré porte-queue prend des forces avant la migration vers le sud…

L’Hespérie des potentilles ne survit pas aux premières gelées. 

Papillons d'octobre : Carte de géographie.

Dans sa tenue sombre estivale, la petite Carte de géographie a déjà passé le relais à la génération suivante qui hivernera sous forme de chrysalide.

Et toujours…

L’Azuré commun n’ira guère au-delà de la Toussaint. Ses chenilles passeront l’hiver au pied de leur plante hôte, comme le trèfle par exemple. 

Petit nacré.

Le Petit nacré est réputé pouvoir passer l’hiver tant sous forme de chenille, de chrysalide que d’imago.

Si, si… Il est encore temps ! Les chenilles du Cuivré commun hiverneront dans les touffes de rumex qui les ont vu naître.

Ah les asters ! Immanquables pour le petit Brun des pélargoniums

… comme pour le Moro sphinx !

La Piéride du navet est de toutes les saisons, au jardin comme sur les prairies alentours.

Malmenés par les pluies et le vent, les dahlias essaient malgré tout de faire bonne figure en l’honneur ici de la Piéride du chou.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza