La Piéride du chou

Le plus grand des papillons blancs du jardin. La Piéride du chou est de bonne compagnie. Ses chenilles un peu moins !

Envergure maxi : 65 mm. Visible de mars à novembre.

Curieusement, la Piéride du chou (Pieris brassicae) n’avait pas encore trouvé place dans cette chronique et sa galerie d’une cinquantaine de papillons ! C’est pourtant, et de très loin, l’espèce la plus nombreuse au jardin. Du début du printemps jusqu’au bout de l’automne. Parfois même au delà.

De belle envergure, elle se distingue d’abord par une large marque noire, en forme de faucille, à la pointe des antérieures. Quel que soit le sexe.

Une histoire de points

La femelle est facilement repérable à sa ponctuation – deux points et une petite virgule noires – en face dorsale des antérieures. Le mâle en est dépourvu. Mais l’un et l’autre présentent deux points noirs au revers bordé de jaune des antérieures, et, en face dorsale, un « demi-point » noir en bordure avant des postérieures. Vous avez suivi ?

Omniprésente ou presque, elle est de bonne compagnie. Pour autant, elle ne se laisse pas approcher facilement. Même lorsqu’elle butine. Encore moins dans ses patrouilles au potager. Difficile dès lors de voir la femelle pondre. C’est toujours au revers d’une feuille de choux. Des petites plaques d’oeufs jaunes qu’il est aisé de collecter pour éviter l’invasion des chenilles. Une minutieuse inspection hebdomadaire suffit généralement. Mais gare au relâchement dans la vigilance !

Des yeux verdâtres et des antennes pointées de blancs : les deux sexes présentent un revers jaune pâle légèrement poudré de noir aux postérieures. Blanches, les antérieures  sont rehaussées de deux points noirs (un seul visible ici) et d’un apex jaune pâle.

Accouplement en opposition sur une feuille de Rose trémière.

Jaune vif, les petites « plaques » d’œufs ont au moins le mérite d’être aisément repérables au revers des feuilles de chou.

La Piéride du chou passe l’hiver à l’état de chrysalide. Il n’est cependant pas rare de voir encore les chenilles à l’oeuvre aux alentours de Noël !

En savoir plus  :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Piéride du chou avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza 

 

Papillons d’octobre

Dans sa lumineuse livrée estivale, Robert-le-Diable s’apprête à hiverner sous le couvert d’une haie ou d’une litière de feuilles mortes. Il en sortira dès les premiers beaux jours de février-mars.

Quelques papillons d’octobre trouveront refuge sur place. Certains s’apprêtent à migrer. La plupart ne survivront pas aux premières gelées.

S’il ne migre pas vers le Sud en automne, le Vulcain trouve un refuge sur place pour passer l’hiver. Parmi les premiers papillons à émerger au printemps, il donne naissance à une nouvelle génération qui prend le relais en avril-mai.

Les automnes passent et ne se ressemblent pas forcément ! Il y a un an, les pluies d’octobre étaient les très bienvenues, après des semaines de sécheresse et de canicule. Tout l’inverse cette année où on se prend à rêver d’un été indien. On se console en pensant aux nappes phréatiques enfin pleines mais le potager engorgé n’est pas à la fête. Les papillons d’octobre non plus.

Lierre, asters, sauges, cosmos, zinnias, dahlias, helianthus… Les fleurs du jardin font pourtant ce qu’elles peuvent. Du moins quand le soleil parvient à percer. Sans que le coeur y soit vraiment. Voilà donc venu le temps de migrer vers le sud pour la Belle-Dame et l’Azuré porte-queue notamment. Le temps de rechercher un refuge d’hivernage pour le Vulcain, le Paon du jour, le Citron et Robert-le-diable. 

Pour la plupart des autres papillons encore en piste, les premiers froids seront fatals. Heureusement, piérides, soucis, cuivrés, azurés, hespéries, mégères, tircis et bien d’autres ont déjà passé le relais. Ce sont leurs chenilles ou chrysalides qui passeront l’hiver.

Quelques papillons d’octobre

Le Vulcain ur une feuille de noisetier.

Et feuilles mortes pour le Tircis !

La génération estivale du Paon-du-jour trouvera bientôt un refuge pour passer l’hiver. 

La Belle-dame  bientôt sur le départ de sa grande migration.

Robert-le-diable et son énigmatique C blanc au revers roussâtre des ailes postérieures.

Quand il ne migre pas vers le sud, le Souci est visite au jardin jusqu’en automne.

Le Citron joue à cache-cache en attendant de se calfeutrer.

L’Azuré porte-queue prend des forces avant la migration vers le sud…

L’Hespérie des potentilles ne survit pas aux premières gelées. 

Papillons d'octobre : Carte de géographie.

Dans sa tenue sombre estivale, la petite Carte de géographie a déjà passé le relais à la génération suivante qui hivernera sous forme de chrysalide.

Et toujours…

L’Azuré commun n’ira guère au-delà de la Toussaint. Ses chenilles passeront l’hiver au pied de leur plante hôte, comme le trèfle par exemple. 

Petit nacré.

Le Petit nacré est réputé pouvoir passer l’hiver tant sous forme de chenille, de chrysalide que d’imago.

Si, si… Il est encore temps ! Les chenilles du Cuivré commun hiverneront dans les touffes de rumex qui les ont vu naître.

Ah les asters ! Immanquables pour le petit Brun des pélargoniums

… comme pour le Moro sphinx !

La Piéride du navet est de toutes les saisons, au jardin comme sur les prairies alentours.

Malmenés par les pluies et le vent, les dahlias essaient malgré tout de faire bonne figure en l’honneur ici de la Piéride du chou.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Madame Cuivré fuligineux

Madame Cuivré fuligineux sur trèfle violet.

Moins encrassée que son compère, Madame Cuivré fuligineux aurait-elle fait un brin de toilette avant de passer au jardin ?

Monsieur Cuivré fuligineux sur trèfle violet.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à septembre.

Comme saupoudré de suie. Le qualificatif de l’espèce vaut surtout pour le mâle que l’on dirait en effet sorti d’une cheminée ! Plus coquette, Madame Cuivré fuligineux (Lycaena tityrus) semble s’être époussetée.

Si quelques suffusions noirâtres persistent aux antérieures, le fond cuivré n’en est pas moins lumineux. Avec une animation de taches brunes, sagement alignées à la marge, plus dansantes par ailleurs.

Les ailes postérieures rappellent davantage le mâle. Hormis une bordure de perles orangées pointées de brun, le fond est si « encrassé » qu’on peine à y distinguer les petites taches noires semées sur fond brun.

En visite au jardin où il affectionne notamment Trèfle violet et Menthe odorante, le Cuivré fuligineux est surtout familier des prairies humides alentour. Madame y installe sa progéniture sur les rumex, particulièrement l’Oseille des prés. La vinette comme on dit en Poitou.

Madame Cuivré fuligineux.

Des franges blanches très nettes chez la femelle comme chez le mâle.

Monsieur Cuivré fuligineux.

Quelques reflets bleutés selon l’orientation de la lumière.

Madame Cuivré fuligineux sur phacélie.

Un semi de taches noires sur fond beige orangé et une ligne marginale d’oves orangées aux pointes soulignées de noir : chez les deux sexes, les suffusions fuligineuses s’estompent depuis l’attache vers la marge extérieures.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Cuivré fuligineux avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza