Le Gléchome lierre terrestre

Andrène cul-rouille sur Gléchome lierre terrestre.

Parmi les sauvageonnes du jardin, voici le retour du Gléchome lierre terrestre. De petites corolles mauves au long tube nectarifère…

Ses stolons courent sans contrainte au pied des haies. Et on leur lâche volontiers la bride sur les planches des vivaces où ils composent un excellent couvre-sol. Le Gléchome lierre terrestre (Glechoma hereracea) participe ainsi, à sa manière, au fleurissement printanier du jardin. Et à l’approvisionnement des premiers butineurs.

Légèrement velu, avec ses larges coeurs crénelés, le feuillage retient à lui seul l’attention. D’un joli vert soutenu, il s’empourpre en tête des tiges florales qui commencent à s’élancer ici et là. Les plus hardies étageront leurs petites fleurs mauves jusqu’à une trentaine de centimètres.

Deux lèvres superposées. Celle du bas, large et trilobée, accueillera les visiteurs. Plus étroite, simplement échancrée, celle du dessus protège les étamines aux anthères soudées en petites croix blanches. Entre les deux, bien-sûr, le tube nectarifère, annoncé par un vestibule veiné de pourpre.

Réputé pour son nectar, le gléchome a cela dit la générosité sélective. Tant son tube est long et étroit. Petites langues s’abstenir ! Mais pas de difficulté pour l’Anthophore à pattes plumeuses et le Grand bombyle. Sans oublier les papillons ! 

Dans la végétation basse

Gléchome lierre terrestre. Anthophore plumeuse à l'approche.

En butineuse aussi furtive qu’avertie, l’Anthophore aux pattes plumeuses a déjà déployé sa longue langue à l’approche des petites corolles mauves.

Longues antennes pour ce mâle Eucère sp. mais aussi longue langue pour explorer le long tube nectarifère du Gléchome lierre terrestre.

Fin avril. Le discret petit Point de Hongrie, parmi les graminées qui commencent à envahir la station de gléchome au pied d’une haie.

Fin avril. Nectar et discrétion dans les parties enherbées du jardin : coup double pour la Mélitée des centaurées, alias le grand damier.

Aurore mâle eu pause sur une fleur de gléchome peine éclose.

Grand bombyle sur Gléchome lierre terrestre.

Les fleurs du gléchome vont toujours par deux à l’aisselle du feuillage. De l’une à l’autre, le Grand bombyle ne prend même pas la peine de se poser, restant en vol stationnaire pour un butinage du bout des pattes !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Le Gléchome lierre terrestre avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Précieux pissenlit !

Longue trompe déployée, le Moro sphinx en vol stationnaire au dessus d’un capitule de pissenlit.

Parmi les fleurs sauvages du jardin, en ce début mars, le généreux pissenlit accueille syrphes, papillons et abeilles sauvages…

Quatre à cinq récoltes de tendres « dents-de-lion » pour la salade. Pas de quoi mettre à mal, le moment venu, la généreuse floraison du pissenlit au jardin. Et c’est tant mieux ! Car, en attendant l’explosion blanche des fruitiers, c’est le régal garanti pour la trompe des premiers butineurs.

Profusion dorée de nectar et de pollen… Même le Moro sphinx ici n’y résiste pas. Mais ce sont surtout les abeilles sauvages qui font bombance. Pour varier les plaisirs presque printaniers du romarin, des pruneliers des haies et de l’incontournable Ficaire fausse-renoncule.

Il est vrai que, si l’on veut des pollinisateurs bientôt pour les tomates, les fèves, les petits pois et les haricots, mieux vaut les habituer et les retenir très tôt au jardin. Et, pour cela, rien de mieux que les fleurs sauvages. Alors, gare à la tondeuse ! Coupe haute pour ne pas abimer les rosettes et pas tout le jardin en même temps pour qu’il y ait toujours une partie enherbée en fleurs ! 

Avec Monsieur Aurore et ses ailes tachées d’orange.

Ses larves parasitent les nids d’abeilles sauvages. Adulte, le Clairon des ruches est un grand amateur de pollen.

Jeune reine du Bourdon des champs.

Belle récolte pour l’Andrène à pattes jaunes.

La Piéride du navet et ses nervures saupoudrée de suffusions grises.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

 Photos JF Irastorza 

 

Mme Osmie ne saurait tarder…

Longues antennes et barbichette blanche, Monsieur Osmie piaffe depuis deux à trois semaines. L’émergence de ces dames se fait attendre…

Osmie cornue mâle sur Violette des bois.

Taille maxi : 15 mm (femelle). Visible de mars à juin.

Chaque fin d’hiver, c’est la même impatience ! Tant chez l’Osmie cornue que chez sa cousine l’Osmie rousse, Monsieur émerge en effet le premier. Dès la mi février. Les deux espèces sont assez semblables. Notamment les mâles qui se distinguent par leurs longues antennes et un petit toupet de poils gris à l’avant de la tête.

Butineurs très actifs, ces messieurs deviennent de moins en moins tolérants avec leurs compères au fur et à mesure qu’approche l’émergence de ces dames… Outre les phéromones, elles seront faciles à reconnaître le moment venu. Courtes antennes, pas de toupet gris mais deux petites cornes noires au front ! 

À la mi mars désormais, cela ne saurait tarder. D’ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas. Lilas, poiriers et pommiers commencent à débourrer. Mais inutile de piaffer. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Car, à chaque printemps, c’est bien la floraison du mirabellier qui donne le top départ !

Sources :

En attendant de compter fleurette, Monsieur Osmie prend des forces, dans les haies…

Osmie sur capitule de pissenlit.

… et sur les incontournables pissenlits, grands pourvoyeurs de nectar et de pollen en cette saison.

Une houppette grisâtre sur la face de Monsieur Osmie cornue.

Dès la fin février ici sur le Laurier tin.

Osmie cornue, femelle.

Nettement plus costaude, Madame Osmie cornue émerge à partir de la mi-mars au jardin. Elle ne présente pas de toupet gris facial mais deux petites « cornes » noires au front.

Sources :

Photos JF Irastorza