Marronnier de février !

Marronnier de février : Andrène à pattes-jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Ficaire fausse-renoncule et Andrène à pattes-jaunes : le « marronnier » de février avec ces deux précoces messagers du printemps.

Marronnier de février : Andrène à pattes-jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.C’est un peu le marronnier de février. Chaque année, alors que l’hiver a encore quelques semaines devant lui, le jardinier-photographe traque au pied des haies l’un des tandems sauvages les plus précoces : la Ficaire fausse-renoncule (Ranunculus ficaria) et l’Andrène à pattes-jaunes (Andrena flavipes).

Cette saison, à force de pluies et de ciels gris, il aura fallu attendre la dernière ligne droite de février. Mais les voilà bien fidèles au rendez-vous. La ficaire commence à piqueter de jaune luisant les bords du halage et les peupleraies proches du jardin. Le signal est ainsi donné à l’Andrène à pattes-jaunes : il est temps d’émerger !

Avec une allure d’abeille domestique, c’est ici une femelle, bien reconnaissable à sa brosse de collecte jaune orangé aux pattes arrière. D’où le nom de l’espèce. L’abdomen est rayé de bandes fauves et se termine par un toupet de soies brun foncé. 

Pas de précipitation ! Il ne s’agit encore là que d’éclaireurs. La ficaire accueille traditionnellement les premiers butineurs mais le bal des abeilles sauvages n’aura lieu qu’en mars-avril. Quand les haies et le verger seront en fleurs.

Marronnier de février : Andrène à pattes-jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé
  • La famille des andrènes avec le site aramel.free.fr
  • L’Andrène à pattes jaunes avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Premiers collètes du lierre

Le Collète du lierre

Jours plus courts, matins frisquets, brume sur le marais et premiers collètes du lierre dans les haies : l’automne est bien là !

Comme chaque fin d’été, la synchronisation est parfaite. Encore en boutons, dans les haies du jardin et alentour, les ombelles du lierre commencent à s’épanouir ici et là. Cinq étamines dressées autour d’un généreux disque nectarifère : tout juste émergés, les premiers collètes du lierre (Colletes hederae) sont évidemment au rendez-vous !

Fourrure roussâtre sur la face et le thorax, fauve clair sur les côtés, abdomen noir scandé de bandes feutrées beiges… Mâles et femelles se ressemblent. Les premiers sont légèrement plus petits. Les secondes présentent une brosse de récolte aux pattes arrière. 

Pour l’heure, le lierre offre une simple tournée de bienvenue. Mais les choses sérieuses viendront vite : accouplement, aménagement et approvisionnement de nids terricoles… Tout devra être bouclé fin octobre. Quand la source de nectar et de pollen du lierre sera tarie. Avec l’appoint des asters et des bidents si besoin. Les premières gelées auront alors raison des parents quand leur progéniture patientera dans ses loges souterraines jusqu’en septembre prochain.

Le Collète du lierre

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Le Collète du lierre avec le site quelestcetanimal.com
  • Le Collète du lierre avec les Carnets nature de Jessica
  • La famille des Collètes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Xylocope nouveau est arrivé !

Une exception chez les abeilles sauvages. La nouvelle vague du Xylocope violet patientera jusqu’au printemps prochain avant de s’accoupler.

Xylocope violet sur asters.La génération finissante du Xylocope violet (Xylocopa violacea), alias l’Abeille charpentière, a traversé les quatre saisons. En ce début septembre, elle peut enfin lâcher prise. Place à ses premiers rejetons, tout juste émergés du nid aménagé au printemps dernier dans quelque tube de bambou, un vieux volet ou le tronc d’un arbre mort…

Après un large tour sélectif du jardin, le menu des nouveaux venus est vite arrêté : sauge à petites feuilles, eupatoire chanvrine, gatillier et cosmos. Ultimes fleurs de rose trémières et premiers asters ont également un certain succès.

Pour jeunes mâles et femelles, la belle vie insouciante se prolongera jusqu’en octobre. Il sera alors temps de rechercher un abri pour l’hiver. Puis, avec les premiers beaux jours, en mars-avril, les arbres fruitiers en fleurs seront témoins de leurs bourdonnantes amours. Fini dès lors de folâtrer ! Creuser, aménager et approvisionner un nid. Parfois un second. Attendre la naissance des rejetons, en fin d’été, et se laisser mourir. Mission accomplie !

Xylocope violet sur gattilier.

Xylocope violet sur eupatoire chanvrine.

En savoir plus : 

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Le Xylocope violet avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza