La Picride fausse-vipérine

Picride fausse-vipérine et Souci.

Ton sur ton. Souci sur capitule de Picride fausse-vipérine au pied d’une haie du jardin.

Un peu brouillonne, piquante, verruqueuse : la Picride fausse-vipérine n’a pas vraiment fière allure. Mais ses capitules jaunes font l’unanimité des butineurs !

Picride fausse-vipérine et Éristales interrompus.

Parade nuptiale au dessus d’un capitule de Picride où butine Madame Éristale interrompu.

Dans la série des sauvageonnes du jardin, la Picride fausse-vipérine (Picris echioides) est cantonnée aux pieds de haies. Sa rugueuse carcasse, quoique plus frêle, y côtoie volontiers celle du Cirse commun. Les butineurs apprécient d’ailleurs l’une et l’autre en cette fin d’été.

Ses seuls capitules jaunes pourraient faire penser à la Crépide capillaire ou au Laiteron des champs. Voire au pissenlit. Mais son feuillage luisant, verruqueux ici et là, hérissé de poils épineux, la  distingue à coup sûr. Y compris les bractées, ces pseudo-feuilles lancéolées et poilues qui enserrent la base des capitules : le rang extérieur forme ainsi une sorte de coupe à cinq lobes caractéristique.

Mais gare ! Comme pour le Cirse, mieux vaut ne pas la laisser monter à graines. Chaque capitule en produit en effet des dizaines qui, portées par des aigrettes de soies plumeuses, seront bientôt dispersées par le vent. Les pieds de haies, d’accord, mais ça suffit !

Sources : 

Picride fausse-vipérine et Mégachile sp.

Comme le feuillage, les bractées sont hérissées de poils épineux. On distingue bien ici le rang extérieur de bractées qui forme comme une coupe à cinq lobes lancéolés à la base du capitule où butine une petite abeille Mégachile sp.

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Anthracine morio au repos sur une feuille de picride semée de « verrues » blanchâtres.

La petite Carte de géographie, génération estivale dans sa livrée sombre, parmi les commensaux de la picride.

Abeille sur inflorescence de Crépide capillaire.

À ne pas confondre avec la Crépide capillaire, également familière du jardin pour le bonheur des butineurs !

 

La Pulicaire dysentérique

Pulicaire dysentérique et Collier de corail.

Pleine floraison de fin d’été actuellement pour la Pulicaire dysentérique, familière des prairies humides, très appréciée des butineurs.

Pulicaire dysentérique et abeille Mégachile sp.Elle se mêle volontiers à la menthe aquatique sur les prairies humides du marais. Mais pas de suaves effluves avec la Pulicaire dysentérique (Pulicaria dysenterica) ! Juste un vague relent savonneux à vrai dire peu agréable. Feuilles, capitules et même racines : elle n’en était pas moins incontournable jadis dans la pharmacopée maraîchine. Pour lutter contre les diarrhées, comme le suggère son nom, mais aussi aseptiser les plaies et… éloigner les puces !

Rehaussé d’une fine collerette jaune vif, le large bouton central doré hypnotise les butineurs alentour. Des centaines de petits fleurons à visiter ! D’abord en périphérie. Puis, progressivement, le capitule bombe le torse. De nouvelles fleurs tubulaires s’offrent ainsi aux trompes et aux langues de passage.

Si les graines sont dispersées par le vent, la Pulicaire compte aussi sur ses puissants rhizomes traçants pour se multiplier. Dès lors, son implantation est assez simple au jardin, pourvu qu’elle y trouve un coin suffisamment frais, à la fois ensoleillé et humide. En association avec la Salicaire et l’Eupatoire notamment, son port altier, son feuillage vert tendre et sa généreuse floraison participeront alors à l’élégante animation des abords d’un bassin par exemple.

Sources : 

À deux pas du jardin, en association avec l’Eupatoire chanvrine, sur les berges de la Sèvre niortaise.

Parmi les commensaux de la Pulicaire 

 

Monsieur Souci.

 

Le tapis de Trèfle blanc !

Trèfle blanc et abeille domestique.

Il s’est installé là spontanément. Le Trèfle blanc se partage les allées du jardin avec ses cousins jaunes et violets. Un tapis vert, moelleux et mellifère !

Trèfle blanc et Syrphe ceinturé.Dans la trilogie sucrée des allées du jardin, après le Luzerne lupuline et le Trèfle violet, voici venu le temps du Trèfle blanc (Trifolium repens). On l’appelle également le Trèfle rampant mais n’est-ce pas le propre de tous les trèfles que de ramper ? Et c’est ainsi que les trois cousins composent aujourd’hui un tapis toujours vert et moelleux entre les planches cultivées.

La cohabitation du trio se passe plutôt bien avec des floraisons successives qui font le régal des butineurs. Le dominante des allées est donc actuellement plutôt blanche. Nuancée de rose ici et là. 

Une multitude de petites têtes rondes se partagent les faveurs des abeilles, des bourdons et des syrphes. À ce rythme-là, les minuscules fleurons à l’étendard fièrement dressé ne tardent pas à être fécondés. Ils fléchissent alors, invitant les visiteurs à se concentrer, palier après palier, sur les étages supérieurs.

Naturellement, il faut attendre que toutes les fleurs soient fanées pour passer la tondeuse. Assez haute pour ne pas rogner le tapis. De quoi stimuler de nouvelles floraisons. Surtout s’il pleut.

Trèfle blanc et abeille domestique.

Évidemment, en période de floraison, mieux vaut regarder où on met les pieds. Et éviter de se balader pieds nus ! Cela dit, pas de panique. Abeilles et bourdons ne sont pas agressifs. Mais si on leur marche dessus, la réaction tient du réflexe défensif…

Mâle de l’Osmie bleuissante (son abdomen à lui présente plutôt des reflets bronze) à l’approche d’une inflorescence de trèfle blanc.

Les papillons ne sont pas en reste ! Comment résister à un nectar aussi sucré ? Ici l’Argus brun, alias le Collier de corail.

Fin août 2021. Accouplement de l’Azuré commun dans les allées du jardin !

Par larges nappes, le trèfle blanc envahit les allées et les parties enherbées du jardin. Comme les autres trèfles et les autres fleurs sauvages, dont la Brunelle actuellement, la tonte favorise le renouvellement de la floraison. À condition d’être la plus haute possible et d’intervenir, par rotation, sur plusieurs « zones » du jardin.

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