La Bugle rampante

Ancienne médicinale, familière des haies et des sous-bois, la Bugle rampante est un bon couvre-sol, généreux et coloré.

Elle côtoie le Lamier pourpre et le Gléchome lierre terrestre au pied des haies. Pas de risque de confusion. La Bugle rampante (Ajuga reptans) dresse un bel épi serré où le bleu violacé des petites fleurs se mêle au vert puis au bronze d’un feuillage empourpré au sommet de la pyramide.

Comme chez ses voisines, les fleurs Épi floral de la Bugle rampante / Un jardin dans le Marais poitevin.de la Bugle rampante présente deux lèvres ouvrant sur un long tube nectarifère. Et la lèvre inférieure à trois lobes reçoit logiquement les butineurs. Mais, au dessus, curieusement, la lèvre supérieure est atrophiée. Pour ne pas dire inexistante. Étamines et styles, qui en débordent largement, ne bénéficient donc pas d’auvent protecteur.

Cela dit, comme son nom le laisse entendre, la belle compte moins sur ses graines que sur ses stolons pour se propager. Ils rampent et s’enracinent facilement le long des haies. Un bon couvre-sol. Vite envahissant toutefois.

Jadis prisées à raison de leurs vertus cicatrisantes, les feuilles fraiches de « l’herbe au charpentier » viennent parfois encore relever les salades. A petite dose toutefois. Et à condition d’en apprécier la légère amertume.

Bugle rampante, fleur. La lèvre supérieure est à peine visible, laissant étamines et styles sans protection / Un jardin dans le Marais poitevin.

Avec une lèvre supérieure atrophiée, étamines et styles sont exposés sans protection au dessus de l’entrée du tube nectarifère.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Bugle rampante avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Fritillaire pintade

Fritillaire pintade.

Le printemps est en route. En témoignent, déjà, les superbes corolles violacées de la Fritillaire pintade sur les prairies humides du marais.

Fritillaire pintade.

Une silhouette gracile jusque dans les longues feuilles lancéolées qui alternent sur la frêle hampe. La Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) semble ployer sous la charge des clochettes à damier. À vrai dire, même en boutons, les fleurs ne sont jamais dressées. Le port retombant est leur marque de fabrique. Comme leur incomparable robe.

Les premiers butineurs tombent vite sous le charme. D’autant qu’ici et là les jupons commencent à s’entrouvrir pour dévoiler de longues étamines jaunes chargées de pollen.

Cela dit, comme la tulipe sa cousine, la Fritiliaire pintade compte aussi sur ses bulbes pour faire perdurer et développer ses colonies. Pourvu que la terre tourbeuse du marais reste humide !

Fritillaire pintade.

Une armature étoilée caractéristique qui forme une sorte d’épaulette coudée à la base de chacun des six tépales de la fritillaire.

Six étamines jaunes resserrés autour d’un style central verdâtre porteur de trois stigmates.

D’abord verdâtres puis progressivement violacés, les boutons fuselés de la fritillaire adoptent d’emblée un port retombant.

Le Bourdon terrestre semble ouvrir un rideau pour entrer sous la corolle…

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Picride fausse-vipérine

Picride fausse-vipérine et Souci.

Ton sur ton. Souci sur capitule de Picride fausse-vipérine au pied d’une haie du jardin.

Un peu brouillonne, piquante, verruqueuse : la Picride fausse-vipérine n’a pas vraiment fière allure. Mais ses capitules jaunes font l’unanimité des butineurs !

Picride fausse-vipérine et Éristales interrompus.

Parade nuptiale au dessus d’un capitule de Picride où butine Madame Éristale interrompu.

Dans la série des sauvageonnes du jardin, la Picride fausse-vipérine (Picris echioides) est cantonnée aux pieds de haies. Sa rugueuse carcasse, quoique plus frêle, y côtoie volontier celle du Cirse commun. Les butineurs apprécient d’ailleurs l’une et l’autre en cette fin d’été.

Ses seuls capitules jaunes pourraient faire penser à la Crépide capillaire ou au Laiteron des champs. Voire au pissenlit. Mais son feuillage luisant, verruqueux ici et là, hérissé de poils épineux, la  distingue à coup sûr. Y compris les bractées, ces pseudo-feuilles lancéolées et poilues qui enserrent la base des capitules : le rang extérieur forme ainsi une sorte de coupe à cinq lobes caractéristique.

Mais gare ! Comme pour le cirse, mieux vaut ne pas la laisser monter à graines. Chaque capitule en produit en effet des dizaines qui, portées par des aigrettes de soies plumeuses, seront bientôt dispersées par le vent. Les pieds de haies, d’accord, mais ça suffit !.

Picride fausse-vipérine et Mégachile sp.

Comme le feuillage, les bractées sont hérissées de poils épineux. On distingue bien ici le rang extérieur de bractées qui forme comme une coupe à cinq lobes lancéolés à la base du capitule où butine une petite abeille Mégachile sp.

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Anthracine morio au repos sur une feuille de picride semée de « verrues » blanchâtres.

La petite Carte de géographie, génération estivale dans sa livrée sombre, parmi les commensaux de la picride.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Picride fausse-vipérine avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza