Les Dents-de-lion en salade !

Jeunes rosettes de pissenlit.

Première récolte au jardin ! Avec une des plantes sauvages printanières les plus savoureuses. Le pissenlit. Alias les Dents-de-lion.

À chacun sa manière d’apprécier le pissenlit ! Pour syrphes, bourdons et abeilles sauvages, c’est déjà l’heure des premiers bains de pollen. Sans oublier la visite des centaines de petits fleurons périphériques, jaune d’or, regorgeant de nectar…Mais quand les pissenlits sont en fleurs, c’est trop tard pour la salade !

Inutile d’attendre donc. Même si, en théorie, nous ne sommes qu’au coeur de l’hiver : la cueillette des fines rosettes des « Dents-de-lion » peut commencer ! 

À chaque saison ses trésors dans les parties enherbées du jardin. Il n’y a qu’à se baisser, un couteau en main, pour préparer le déjeuner. Parée et rincée à grande eau, la récolte s’accommode d’une simple vinaigrette, relevée d’une échalote ciselée et d’une pointe d’ail nouveau. Les premiers brins arrivent justement à disposition !

Évidemment, quelques lardons rissolés et une pincée de piment d’Espelette ne gâtent rien. Avec, suprême gourmandise, un oeuf mollet au milieu.

Source :

Cueillir uniquement les petites rosettes. Avant que les boutons floraux ne s’élèvent. Les feuilles deviennent ensuite assez vite dures et amères.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pour varier les plaisirs, pourquoi ne pas inviter d’autres plantes sauvages du jardin ? Ajouter aux pissenlits quelques petites feuilles de Mouron des oiseaux et/ou quelques rosettes de Cardamine hérissée par exemple.

Pollen et nectar à volonté pour les premiers butineurs. Dès début mars ici avec l’Halicte de la Scabieuse.

 

La Molène blattaire

Molène blattaire.

Elle fleurit normalement en juillet-août. Nouveau départ à la faveur de l’été indien pour la Molène blattaire. Simple baroud d’honneur automnal.

Après la fauche estivale des bords de routes et de chemins, quelques fleurs tentent à nouveau leur chance parmi le regain d’automne. Oh bien sûr la Molène blattaire (Verbascum blattaria) sait bien que le temps lui est compté avant les premières gelées. Elle n’aura guère le loisir d’élever très haut sa hampe florale. Mais ses corolles sont toujours aussi lumineuses !

D’abord rouge-orangé, les petits boutons s’ouvrent un à un. Cinq lobes bien ronds s’épanouissent alors, d’un éclatant jaune vif. Avec ostentation, cinq étamines y dressent leur anthère orangé au dessus d’une pilosité blanchâtre et violacée. Au centre, un seul long style verdâtre attend d’être pollinisé…

Hélas, abeilles et bourdons ne sont plus légion en cette fin octobre. Qu’importe. Ce n’est là qu’un baroud d’honneur automnal. Pas de précipitation : l’important est dans les rosettes qui, ici et là, s’apprêtent à passer l’hiver pour mieux s’élancer au printemps. Ainsi va la vie des bisannuelles !

Source : 

Corolle jaune vif à cinq lobes. Cinq étamines aux filets poilus, les deux inférieures plus longues que les trois autres. Anthères réniformes orangés. Un seul style à la pointe renflée verdâtre au centre.

Même configuration des fleurs pour la grande Molène bouillon-blanc, également bisannuelle, dont la rosette et la hampe florale sont toutefois beaucoup plus spectaculaires.

 

Au rendez-vous du lierre en fleurs

Les petits disques nectarifères du Lierre en fleurs sont de retour. Pour le plus grand bonheur des butineurs et… des photographes !

Le Lierre en fleurs, c’est un peu le « marronnier » automnal du jardin ! S’il est peu spectaculaire, du moins est-il source d’un abondant nectar et, par là, le rendez-vous de tous les butineurs alentour. Avec quelques incontournables clichés de saison en perspective ! 

À tout seigneur, tout honneur… Le grand Vulcain compte parmi les principaux aficionados des rondes ombelles hérissées d’étamines jaune-pâle. Ici, c’est open bar ! Depuis quelques semaines, les petits disques nectarifères vert tendre sont très facilement à portée de trompe. La Piéride du choux ne s’en prive pas non plus.

Sans oublier les mouches… À commencer par les plus grosses d’entre elles, l’Échinomye corpulente et le Bombyle hottentot. Mais c’est bien entendu le Collète du lierre la plus assidue. Et pour cause ! Car ce n’est pas un hasard si la petite abeille sauvage émerge en septembre-octobre. Ses larves se nourrissent ainsi d’une bouillie à base de nectar et de pollen de lierre. Exclusivement.

Parmi les commensaux du lierre en fleurs

Fin septembre 2023. Le Collète du lierre. Chaque automne, ce sont les mâles qui ouvrent le bal.

Fin septembre 2023. Le plein d’énergie avant le prochain hivernage pour la Punaise arlequin.

Lierre de en fleurs et Bombyle hottentot.

Fin septembre 2022. Le Bombyle hottentot, trompe déployée pour lécher le disque nectarifère du lierre.

Début octobre 2022. L’Échinomye corpulente, presqu’aussi grosse que l’ombelle du lierre !

Début octobre 2022. Aussi familière que mal aimée, la Mouche à damier apprécie certes les sucs de cadavres ou d’excréments mais aussi le nectar. particulièrement celui du lierre.

Fin septembre 2021. Du début du printemps jusqu’au bout de l’automne, l’Éristale tenace, parmi les butineurs les plus assidus du jardin !

Début octobre 2023. En deux ou trois générations, le Paon du jour s’adapte aux différents nectars des 4 saisons.

Quand il ne se régale pas de sève ou de fruits mûrs, le Tircis ne rechigne pas sur le nectar. Surtout celui du Lierre.

Début octobre 2023. Quelques points noirs sur un abdomen orangé tout rond pour la minuscule Mouche coccinelle.

Début octobre 2023. La Phasie crassipenne (ici un mâle) dont les larves participent à la régulation des populations de punaises.

Début octobre 2023. L’Éristale des fleurs, alias le Syrphe Batman !

Début octobre 2023. Dégustation et bain de soleil : coup double pour l’Hélophile suspendu, le syrphe des marais.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza