Au rendez-vous du lierre en fleurs

Les petits disques nectarifères du lierre en fleurs sont de retour. Pour le plus grand bonheur des butineurs et… des photographes !

Le lierre en fleurs, c’est un peu le « marronnier » automnal du jardin ! S’il est peu spectaculaire, du moins est-il source d’un abondant nectar et, par là, le rendez-vous de tous les butineurs alentour. Avec quelques incontournables clichés de saison en perspective ! 

À tout seigneur, tout honneur… Le grand Vulcain compte parmi les principaux aficionados des rondes ombelles hérissées d’étamines jaune-pâle. Ici, c’est open bar ! Depuis quelques semaines, les petits disques nectarifères vert tendre sont très facilement à portée de trompe. La Piéride du choux ne s’en prive pas non plus.

Sans oublier les mouches… À commencer par les plus grosses d’entre elles, l’Échinomye corpulente et le Bombyle hottentot. Mais c’est bien entendu le Collète du lierre la plus assidue. Et pour cause ! Car ce n’est pas un hasard si la petite abeille sauvage émerge en septembre-octobre. Ses larves se nourrissent ainsi d’une bouillie à base de nectar et de pollen de lierre. Exclusivement.

Parmi les commensaux du lierre en fleurs

Le Collète du lierre. Chaque automne, ce sont les mâles qui ouvrent le bal.

Le plein d’énergie avant le prochain hivernage pour la Punaise arlequin.

L’Échinomye corpulente, presqu’aussi grosse que l’ombelle du lierre !

Aussi familière que mal aimée, la Mouche à damier apprécie certes les sucs de cadavres ou d’excréments mais aussi le nectar. particulièrement celui du lierre.

Du début du printemps jusqu’au bout de l’automne, l’Éristale tenace, parmi les butineurs les plus assidus du jardin !

Quelques points noirs sur un abdomen orangé tout rond pour la minuscule Mouche coccinelle.

La Phasie crassipenne (ici un mâle) dont les larves participent à la régulation des populations de punaises.

L’Éristale des fleurs, alias le syrphe Batman !

Dégustation et bain de soleil : coup double pour l’Hélophile suspendu, le syrphe des marais.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Le lierre avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Bident feuillé

Quand les sources de nectar se raréfient à l’approche de l’automne, le Bident feuillé prend le relais au bord des fossés pour les butineurs du marais.

Abeille sur capitule de Bident feuillé.Originaire d’Amérique du nord, introduit au XIXe siècle, le Bident feuillé (Bidens frondosa L.) s’est bien adapté aux zones humides européennes. Au point d’y devenir invasif. Ses hautes tiges rameuses, rougeâtres, frisent ici les deux mètres en bordure d’un fossé du Marais poitevin.

Sa floraison jaune orangé éclôt en fin d’été et jusqu’en automne. Elle est la bienvenue pour les butineurs à une saison où les sources de nectar commencent à se raréfier. Les petits capitules serrés rassemblent des dizaines de fleurs tubulaires au centre d’une couronne verte caractéristique. Ce sont les bractées extérieures de l’inflorescence qui rayonnent ainsi autour de chaque « bouton ».

Jadis, on en récoltait l’abondant feuillage. Non pas pour l’usage prohibé que son nom populaire de Chanvre d’eau pourrait suggérer… Mais pour les vertus anti-inflammatoires de ces folioles lancéolées et dentées préparées en infusion !

Feuillage à trois folioles du Bident feuillé.

Hélophile à bandes grises sur le feuillage ici à trois folioles du Chanvre d’eau. À noter la tige et les pétioles rougeâtres.

Anthidie sur capitule de Bident feuillé.

La floraison du Trident feuillé arrive à point nommé pour l’Anthidie septemspinosum alors que la Salicaire est déjà un peu partout passée à graines…

Éristale bronze sur capitule de Bident feuillé.

Comme le Bident feuillé, l’Éristale bronzé est inféodé aux zones humides.

La Collète du lierre fait ici, avec le Bident feuillé, quelque infidélité à ses inflorescence fétiches !

Le « Bident » tient son nom des deux petites pointes qui hérissent chacune de ses graines. Finement barbelées, ces « dents » s’accrochent aux poils des animaux de passage. La dispersion des graines en est d’autant facilitée.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Cardère sauvage

Cardère sauvage et Sylvaine.

Pas de pluie depuis le printemps : les grandes carcasses de la Cardère sauvage distillent vaille que vaille leurs dernières gouttes de nectar.

Cardère sauvage et Anthidie interrompue.Le cabaret des oiseaux est à sec ! Ainsi, même dans le marais, sécheresse oblige, la Cardère sauvage (Dipsacus fullonum) hâte sa floraison. Sur des pieds déjà brunissants, inutile d’attendre une hypothétique averse ! Alors les capitules retardataires se lâchent in extremis. En respectant toutefois l’ordre établi…

D’abord une première couronne centrale de petites fleurs rose lilas : de fines corolles tubulaires enchâssées dans une forêt de longues bractées épineuses. Puis, la première couronne étant fanée, l’épanouissement se poursuit par vagues successives, à la fois vers la pointe et la base du capitule.

Les bractées acérées ne découragent pas papillons, bourdons et abeilles sauvages qui, tout au contraire, y prennent appui pour siroter le nectar. La fécondation va bon train. Sous le soleil brûlant, la floraison n’en est que plus éphémère. Bientôt, chaque capitule recèlera plus de 500 petites graines… Pour le régal automnal des chardonnerets. 

Les grandes feuilles soudées de la Cardère sauvage forment, ici au printemps, autant de « coupes » où s’accumule l’eau de pluie. Encore faut-il qu’il pleuve !  En cette fin d’été, le « cabaret des oiseaux » est depuis longtemps au régime sec.

La large rosette hivernale annonce la couleur : la cardère sera imposante et piquante !

Cardère sauvage et Anthidie interrompue.

Cardère sauvage et Azuré porte-queue.

Fin juillet. Des capitules hérissés de bractées épineuses ? Pas de quoi décourager le Citron !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Cardère sauvage avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza