Une couronne d’or pour la Belle-dame

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, sur capitule de zinnia.

Fin d’été. La Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, est resplendissante. Elle prend des forces au jardin avant son grand voyage !

Vanesse des chardons, alias la Belle-dameSi elle passe parfois incognito, la Vanesse des chardons, alias la Belle-dame (Vanessa cardui) sait aussi jouer avec le soleil pour faire resplendir sa livrée. Ainsi, quand il le faut, le noir et le brun s’y confondent avec la terre ou les feuilles mortes. Mais là, il s’agit de faire honneur aux zinnias !

Alors, le brun devient orangé, voire saumon, le blanc claque, le noir lui-même se pare de reflets fauves. Et le revers des ailes, surtout, s’illumine de rouge brique, s’anime enfin d’un réseau aux milles nuances jaune-roux rehaussé d’ocelles parfois pointés de bleu et cerclés de blanc.

Elle est à son affaire ici la Belle-dame. Tournant méticuleusement sur elle-même, elle visite l’un après l’autre chacun des petits fleurons jaune vif. Le nectar semble lui plaire. Elle passe de capitule en capitule. Rose, blanc, rouge, orange… Qu’importe la couleur des pétales. Vivent les fleurons. La couronne d’or des zinnias lui va si bien !

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame

En cette saison, voilà la seconde génération de Belle-dame depuis sa migration printanière. Les ailes sont intactes, les couleurs vives, sans doute s’agit-il d’un individu jeune, paré donc pour son grand voyage automnal !

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame

Elle peut prendre des forces sur les zinnias, la Belle-dame ! Dans quelques semaines, elle s’envolera en effet avec ses consoeurs les plus vaillantes pour une grande migration retour vers l’Afrique tropicale.

Sur une prairie voisine, la Belle dame fidèle à l’un de ses nectars favoris de la fin de l’été…

… avec la Menthe sauvage actuellement en pleine floraison. (Début septembre 2021)

Mi octobre 2022. Le plein d’énergie sur les Cirses des champs, avant la longue migration automnale vers le sud.

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Photos JF Irastorza

La Noctuelle « C-noir »

Le C-noir sur une feuille de capucine.

Dans la famille Noctuelle, voici le C-noir. Ses chenilles ne s’attaquent pas aux racines mais au feuillage. Sans préférence particulière.

C-noir sur feuille de capucine.

Envergure maxi : 42 mm. Visible de mai à octobre.

Encore une noctuelle ! Une des plus communes en vérité. Le C-noir (Xestia c-nugrum) est d’autant mieux répandu que ses chenilles grassouillettes ne sont pas difficiles…

Les « vers gris tachetés » comme disent les Québécois se développent en effet autant sur les salades et les céleris que sur les orties, les rumex et le séneçon. Parmi bien d’autres légumes ou plantes sauvages dont ils grignotent le feuillage. Essentiellement la nuit.

Hésitant entre brun gris et brun pourpre, la livrée de ce petit papillon le rend quasi invisible dans la végétation basse et les feuille mortes où il se cache en journée. Mais, surtout nocturne, il volète parfois encore au petit matin et s’attarde ici sur une feuille de capucine.

Comme souvent chez les noctuelles, malgré une dominante un peu passe-partout, un signe distinctif facilite son identification. En l’occurrence une marque noire rectangulaire évidée d’une tâche triangulaire beige,  évoquant peu ou prou un grand C d’imprimerie noir. D’où son nom. 

C-noir cherchant refuge dans la végétation basse du jardin.

Outre le fameux « C » noir, deux autres signes distinctifs : un bandeau beige à l’avant du thorax et un tiret noir en biais presque à l’apex des ailes antérieures.

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Photos JF Irastorza

 

Le Manteau pâle

Manteau pâle sur Moutarde blanche.

Malgré le nom de ce discret papillon de nuit, les ailes enroulées du Manteau pâle évoque davantage un élégant fourreau qu’un vulgaire paletot !

Manteau pâle sur Moutarde blanche.Dans la tribu des Manteaux, les ailes antérieures au repos s’enroulent autour du corps et donnent ainsi à ces petits papillons de nuit une silhouette fuselée caractéristique. Nocturnes mais souvent encore visibles le matin, les différences espèces sont difficiles à distinguer. Ici sur la moutarde en fleurs, il s’agit sans doute du Manteau pâle (Eilema caniola) dans son long fourreau gris cendré nuancé de jaune clair.

De grands yeux sombres et de longues antennes filiformes animent une petite tête jaune pâle aux reflets orangés. Une couleur discrètement raffinée dont les échos rehaussent l’avant du thorax, le bord des ailes et les hautes pattes.

S’il est amateur de nectar, ses chenilles ont un régime moins commun : la mousse et le lichen. Sur les arbres mais aussi les vieux murs. Voire les toitures. Il n’est donc pas rare de les rencontrer sur certaines habitations. Précédée de leur réputation urticante. Mieux vaut ne pas y toucher en effet. Même si la progéniture du Manteau pâle a un contact nettement moins sévère que la Processionnaire du pin.

Manteau pâle sur Moutarde blanche.

La belle chenille d’une cousine, la Lithosie quadrille (Lithosia quadra), amatrice elle aussi de mousse et de lichen, notamment sur les arbres fruitiers. Parfois les maisons. Les poils sont également (légèrement) urticants.

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Photos JF Irastorza