Il est des mauvaises herbes qui gagnent à être connues. Goutées en l’occurrence. Car la Cardamine hérissée ne manque pas de peps !
Parmi les petites sauvageonnes du jardin, la Cardamine hérissée (Cardamine hirsute) mérite quelques égards. D’abord pour le charme de ses délicates rosettes. Un brin envahissantes, elles apparaissent dès qu’elles ont le champ libre sur les plates-bandes inoccupées.
Certaines pointent déjà leurs minuscules fleurs blanches qu’une hampe centrale portera haut, si tout va bien, au début du printemps.
S’il ne gèle pas trop, leurs fruits parviendront à maturité aux premiers beaux jours. Véritables petites bombes, un peu comme ceux de l’Oxalis corniculé, ils exploseront alors au moindre frôlement. Et leurs minuscules graines s’éparpilleront sur plusieurs dizaines de centimètres à la ronde. Plusieurs générations se succèdent ainsi dans l’année pour assurer, vaille que vaille, la continuité de la discrète au jardin.
Mais la Cardamine hérissée a surtout un bel atout qui lui vaut la bienveillance du jardinier. En témoigne son surnom poitevin, la cressonnette. La rosette est en effet comestible. Mieux : elle est savoureuse. Poivrée, légèrement piquante, elle donne du tonus aux salades. En mélange avec un peu de mâche en cette saison : quoi de mieux pour accompagner un Chèvre bien fait ?


Les petites fleurs blanches de la cressonnette aussi vont dans la salade !

L’ébauche des futures siliques se dresse déjà au dessus des petites fleurs blanches. À maturité, elles « exploseront » au moindre frôlement pour réprendre alentour une multitude de fines graines. Et voilà comment la cressonnette est vite envahissante. Tant mieux, elle offre ainsi un bon couvre sol en fin d’hiver et début de printemps.
En savoir plus :
- Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
- Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
- Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
- Avec le site sauvagesdupoitou.com
Photos JF Irastorza


Triste été au jardin. La première canicule, en juin, a anesthésié semis et plantations. Avec la seconde, en juillet, tout a grillé ou presque. Et la troisième en août a parachevé le massacre. De sorte que même le liseron n’a guère pointé le bout de son nez ! Bref, sur des planches quasi nues, écrasées de chaleur, les conditions étaient idéales pour l’Héliotrope d’Europe (Heliotropium europaeum), alias l’Herbe de Saint-Fiacre ou l’Herbe aux verrues.


Elle ne paye pas de mine dans les prairies humides du marais. La Lycode d’Europe (Lycopus europaeus), alias le Chanvre d’eau ou la Patte-de-loup, évoque l’ortie avec ses feuilles lancéolées et profondément dentées. Mais pas de poils urticants ici. Ni la moindre odeur.
Les butineurs n’en sont pas moins friands de leurs minuscules fleurs. De délicates corolles blanches regroupées en petites couronnes autour de la solide hampe. À l’aisselle des feuilles. Quatre lobes ponctués de pourpre y introduisent le tube nectarifère. Deux étamines porteuses de pollen en émergent, encadrant un épais style bifide.
