Les prunelliers en fleurs

Magie printanière : les haies s’illuminent de blanc. Les premiers butineurs sont à la fête avec les prunelliers en fleurs.

Prunelliers en fleurs : Criorhina ranunculi.

Criorhina ranunculi : un gros syrphe « déguisé » en bourdon.

Si l’éclat jaune de la ficaire est réputé annonciateur du printemps, c’est bien l’explosion blanche des prunelliers en fleurs qui en donne le top départ ! Voilà donc, dans les haies, le premier signe d’abondance pour abeilles sauvages, syrphes et papillons.

Avant même l’apparition des feuilles, la ramure se charge de généreux bouquets de boutons blancs dont l’éclosion s’échelonne durant deux à trois semaines. Aussi petites qu’innombrables, les corolles présentent la configuration typique des prunus, avec cinq pétales blancs arrondis qui s’envoleront au vent sitôt la fécondation. 

Au centre, la source verdâtre de nectar se hérissent d’une quinzaine d’étamines porteuses d’un petit « sac » orangé chargé de pollen. Avec le style dressé au milieu bien-sûr. À son sommet, le stigmate jaunâtre est la pierre angulaire du dispositif. Il suffit qu’un insecte y dépose quelques grains de pollen en passant. Et que les pluies incessantes de cette fin d’hiver laissent un peu de répit aux butineurs.

Dans le cortège des prunelliers en fleurs

Osmie cornue, mâle.

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Le Gattilier, alias l’Arbre au poivre.

Le Gattilier, alias l'Arbre au poivre, et l'abeille charpentière.

L’été tarde à baisser pavillon, le Gattilier aussi ! Tant mieux pour les butineurs qui font là le plein d’énergie avant leur hivernage.

Gattilier, alias l'arbre au poivre.Avec ses longs épis floraux bleu violacé, le Gattilier (Vitex agnus-castus), alias l’Arbre au poivre, évoque un peu le généreux buddleia. Mais, lesdits épis sont ici plus lâches et leurs petites fleurs un peu chiffonnées. Le feuillage surtout diffère. D’un vert bien franc, il présente des « palmes » à cinq-sept folioles élégamment lancéolées.

Cela dit, l’un et l’autre jouent les prolongations au fil de cet été qui n’en finit pas. Pour peu que les panicules fanés aient été coupés, la floraison est repartie de plus belle en cette mi-octobre. Avec l’Abeille charpentière et le Bourdon des champs au diapason !

Et ce poivre alors ? Il suffit de froisser le feuillage pour en avoir un avant goût… Mais ce sont bien sûr les petites baies qui sont traditionnellement récoltées. À des fins médicinales plus que condimentaires. Pour le traitement des troubles hormonaux. Les monastères d’antan en faisaient ainsi, dit-on, un pieux usage pour calmer les libidos intempestives. D’où les sobriquets de Poivre aux moines et d’Agneau chaste !

Le Gattilier, alias l'Arbre au poivre, et le Bourdon des champs.

En phytothérapie, on utilise traditionnellement les baies séchées et broyées du Gattilier pour produire des extraits employés dans le traitement des règles irrégulières ou absentes, des douleurs des seins liées au cycle menstruel ainsi que du syndrome prémenstruel.

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La Violette odorante

Violette odorante.

Quelle séductrice ! La Violette odorante sort le grand jeu pour les premiers butineurs. Et pas seulement avec son délicat parfum.

Violette odorante.

Profil caractéristique de la Violette odorante. Un pédoncule coudé donne à la fleur une certaine prestance. Le pétale du bas se prolonge en éperon nectarifère à l’arrière de la corolle. Comment y accéder ? Regardez la Violette de face et laissez-vous guider.

À l’approche de la Saint-Valentin, la Violette odorante (Viola odorata) redouble de vigueur. De nouvelles feuilles vert tendre – en forme de coeur naturellement – accompagnent ainsi l’émergence d’explicites corolles bleu-violacé. 

Ah çà ! Les butineurs ne risquent pas de s’y perdre. Avec les deux étroits pétales du haut relevés, rejetés en arrière, comme on bombe le torse. Puis les deux larges pétales latéraux grand ouverts, comme on écarte les bras pour souhaiter la bienvenue !

Avec enfin le long pétale central, tout en bas, projeté vers l’avant, comme on déroule le tapis aux visiteurs de marque.

Un réseau de veines très foncées guide alors les éventuels hésitants. Sur fond de plus en plus blanc, elles convergent vers la gouttière qui, tout au fond, s’ouvre sur l’éperon nectarifère. 

Encore un doute ? Alors les petits barbillons blanc nacré des pétales latéraux stoppent les étourdis qui s’écarteraient du droit chemin. Et même le style central y met du sien ! Émergeant d’un faisceau serré d’étamines orangées, son extrémité verdâtre, crochue, pointe l’entrée du Saint des saints. Tout cela baigné d’un merveilleux parfum. Comment y résister ?

Fin mares 2023. Dans les allées du jardin, Monsieur Osmie cornue apprécie les Violettes odorantes.

Violette odorante.

Feuilles en soupe ou en salade, fleurs en gelée, en sorbet ou cristallisées dans le sucre… La violette odorante est comestible. À commencer en toute simplicité par un semis de fleurs sur un plat de crudités !

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