Précieux pissenlit !

Longue trompe déployée, le Moro sphinx en vol stationnaire au dessus d’un capitule de pissenlit.

Parmi les fleurs sauvages du jardin, en ce début mars, le généreux pissenlit accueille syrphes, papillons et abeilles sauvages…

Quatre à cinq récoltes de tendres « dents-de-lion » pour la salade. Pas de quoi mettre à mal, le moment venu, la généreuse floraison du pissenlit au jardin. Et c’est tant mieux ! Car, en attendant l’explosion blanche des fruitiers, c’est le régal garanti pour la trompe des premiers butineurs.

Profusion dorée de nectar et de pollen… Même le Moro sphinx ici n’y résiste pas. Mais ce sont surtout les abeilles sauvages qui font bombance. Pour varier les plaisirs presque printaniers du romarin, des pruneliers des haies et de l’incontournable Ficaire fausse-renoncule.

Il est vrai que, si l’on veut des pollinisateurs bientôt pour les tomates, les fèves, les petits pois et les haricots, mieux vaut les habituer et les retenir très tôt au jardin. Et, pour cela, rien de mieux que les fleurs sauvages. Alors, gare à la tondeuse ! Coupe haute pour ne pas abimer les rosettes et pas tout le jardin en même temps pour qu’il y ait toujours une partie enherbée en fleurs ! 

Avec Monsieur Aurore et ses ailes tachées d’orange.

Ses larves parasitent les nids d’abeilles sauvages. Adulte, le Clairon des ruches est un grand amateur de pollen.

Jeune reine du Bourdon des champs.

Belle récolte pour l’Andrène à pattes jaunes.

La Piéride du navet et ses nervures saupoudrée de suffusions grises.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

 Photos JF Irastorza 

 

Les Dents-de-lion en salade !

Jeunes rosettes de pissenlit.

Première récolte au jardin ! Avec une des plantes sauvages printanières les plus savoureuses. Le pissenlit. Alias les Dents-de-lion.

À chacun sa manière d’apprécier le pissenlit ! Pour syrphes, bourdons et abeilles sauvages, c’est déjà l’heure des premiers bains de pollen. Sans oublier la visite des centaines de petits fleurons périphériques, jaune d’or, regorgeant de nectar…Mais quand les pissenlits sont en fleurs, c’est trop tard pour la salade !

Inutile d’attendre donc. Même si, en théorie, nous ne sommes qu’au coeur de l’hiver : la cueillette des fines rosettes des « Dents-de-lion » peut commencer ! 

À chaque saison ses trésors dans les parties enherbées du jardin. Il n’y a qu’à se baisser, un couteau en main, pour préparer le déjeuner. Parée et rincée à grande eau, la récolte s’accommode d’une simple vinaigrette, relevée d’une échalote ciselée et d’une pointe d’ail nouveau. Les premiers brins arrivent justement à disposition !

Évidemment, quelques lardons rissolés et une pincée de piment d’Espelette ne gâtent rien. Avec, suprême gourmandise, un oeuf mollet au milieu.

Cueillir uniquement les petites rosettes. Avant que les boutons floraux ne s’élèvent. Les feuilles deviennent ensuite assez vite dures et amères.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pour varier les plaisirs, pourquoi ne pas inviter d’autres plantes sauvages du jardin ? Ajouter aux pissenlits quelques petites feuilles de Mouron des oiseaux et/ou quelques rosettes de Cardamine hérissée par exemple.

Pollen et nectar à volonté pour les premiers butineurs. Dès début mars ici avec l’Halicte de la Scabieuse.

En savoir plus :

JF Irastorza

 

La Molène blattaire

Molène blattaire.

Elle fleurit normalement en juillet-août. Baroud d’honneur automnal à la faveur de l’été indien pour la Molène blattaire.

Après la fauche estivale des bords de routes et de chemins, quelques fleurs tentent à nouveau leur chance parmi le regain d’automne. Oh bien sûr la Molène blattaire (Verbascum blattaria) sait bien que le temps lui est compté avant les premières gelées. Elle n’aura guère le loisir d’élever très haut sa hampe florale. Mais ses corolles sont toujours aussi lumineuses !

D’abord rouge orangé, les petits boutons s’ouvrent un à un. Cinq lobes bien ronds s’épanouissent alors, d’un éclatant jaune vif. Avec ostentation, cinq étamines y dressent leur anthère orangé au dessus d’une pilosité blanchâtre et violacée. Au centre, un seul long style verdâtre attend d’être pollinisé…

Hélas, abeilles et bourdons ne sont plus légion en cette fin octobre. Qu’importe. Ce n’est là qu’un baroud d’honneur automnal. Pas de précipitation : l’important est dans les rosettes qui, ici et là, s’apprêtent à passer l’hiver pour mieux s’élancer au printemps. Ainsi va la vie des bisannuelles !

Corolle jaune vif à cinq lobes. Cinq étamines aux filets poilus, les deux inférieures plus longues que les trois autres. Anthères réniformes orangés. Un seul style à la pointe renflée verdâtre au centre.

Même configuration des fleurs (sans les filets poilus aux étamines) pour la grande Molène bouillon-blanc, également bisannuelle, dont la rosette et la hampe florale sont toutefois beaucoup plus spectaculaires.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Molène blattaire avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza